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La Reine Victoria

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Plombplume
Posté le: Sam 23 Fév - 22:25 (2008) Répondre en citant

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Administrateur Inscrit le: 12 Juil 2007 Messages: 23 Féminin Verseau (20jan-19fev) 羊 Chèvre



Née à Kensington Palace (Londres), Alexandrina Victoria est la fille de Victoria, duchesse de Saxe-Cobourg, et d’Édouard-Auguste, duc de Kent et troisième fils du roi George III de Grande-Bretagne et d’Irlande. George IV et Guillaume IV étant morts sans descendance (respectivement en 1830 et en 1837), leur nièce Victoria devient l’héritière du trône britannique et, le 20 juin 1837, est proclamée reine à l’âge de 18 ans. La transmission de la souveraineté au Hanovre obéissant à la loi salique (interdiction faite aux femmes de régner), son accession au trône entraîne la fin de l’union personnelle du Hanovre et de la Grande-Bretagne — depuis 1714, la région est gouvernée par les rois d’Angleterre issus de la maison de Hanovre.
 
En février 1840 et contre l’avis de sa mère, la jeune reine indépendante et volontaire épouse son cousin germain Albert de Saxe-Cobourg-Gotha, avec lequel elle a neuf enfants.
Dès le début de son règne, Victoria montre un intérêt manifeste pour les affaires de l’État, auxquelles elle est initiée par le Premier ministre en place, lord Melbourne, chef du Parti whig (de tendance libérale). Le prince Albert, son époux de sensibilité conservatrice, l’ayant mise en garde contre une politique trop libérale, la reine se détourne bientôt du Parti whig. Après la chute du cabinet Melbourne (1841) et à l’arrivée au pouvoir de sir Robert Peel, Victoria soutient ardemment le Parti conservateur. Toujours sous l’influence de son mari, elle remet en question la tradition selon laquelle le souverain britannique n’a qu’un rôle consultatif et, sans pour autant enfreindre le cadre des règles constitutionnelles, elle acquiert un rôle plus important dans les affaires de l’État. Pour exemple, Victoria, respectueuse de la démocratie parlementaire, a, son règne durant, choisi ses Premiers ministres au sein de la majorité ; c’est la raison pour laquelle elle s’est successivement entourée de conservateurs et de libéraux ; c’est pour cette même raison qu’elle a tissé des relations plus ou moins amicales avec les différents chefs de gouvernement.
 
En 1850, Victoria défie l’autorité de Palmerston, secrétaire aux Affaires étrangères du gouvernement whig, au pouvoir depuis 1846. Selon elle, le souverain doit au moins être consulté en matière de politique étrangère, exigence que Palmerston ignore. Leur querelle atteint son paroxysme en 1851 lorsque le Premier ministre, lord Russell, révoque Palmerston. Les nombreuses altercations avec Palmerston, qui a l’estime de l’ensemble des Britanniques, coûtent à Victoria et à son époux une bonne part de leur popularité. Celle-ci chute davantage en 1854, lorsque le couple cherche à éviter la guerre de Crimée contre la Russie. Mais une fois le conflit ouvert, Victoria apporte un soutien sans réserve aux Turcs. En 1856, peu avant la fin de la guerre, elle institue même la plus prestigieuse décoration militaire britannique : la Victoria Cross.
 
En 1857, la reine associe officiellement son mari à son pouvoir en lui conférant le titre de prince consort. Mais en 1861, le prince Albert meurt, laissant Victoria inconsolable. Durant les premières années de son veuvage, elle quitte Londres, se retire dans ses châteaux de Windsor, d’Osborne et de Balmoral et refuse toute prestation publique. Abandonnant au prince de Galles (son fils aîné et héritier Édouard) le soin de remplir la plupart des fonctions de représentation dévolues à la royauté, la souveraine continue cependant à montrer de l’intérêt pour les affaires de l’État.
 
De nombreux Premiers ministres se succèdent durant le long règne de Victoria, mais seul le responsable du Parti conservateur, Benjamin Disraeli, en charge en 1868 et de 1874 à 1880, obtient la confiance et la sincère amitié de la reine.   Alors que Disraeli laisse la reine libre de nommer les responsables ecclésiastiques, militaires et politiques, Victoria le soutient entièrement dans sa politique de renforcement et d’expansion de l’Empire colonial britannique. En 1876, Disraeli lui attribue le titre d’impératrice des Indes, ce qui lui vaut en contrepartie celui de comte de Beaconsfield. Grâce à une lente orchestration de Disraeli, Victoria revient donc sur le devant de la scène politique, ce qui la rend à nouveau populaire auprès des Britanniques.
 
Victoria n’entretient pas les mêmes relations avec tous les chefs de gouvernement. En particulier, elle entre fréquemment en conflit avec le chef du Parti libéral, William Gladstone, Premier ministre à quatre reprises entre 1868 et 1894. La reine s’oppose en effet à certaines réformes démocratiques qu’il a annoncées, comme l’abrogation de l’achat des titres militaires et l’autorisation des syndicats, et apprécie peu son art achevé de la discussion. Elle combat également sa politique de « Home Rule » (« autonomie ») en Irlande. Le chef du Parti conservateur, Salisbury, trois fois Premier ministre de 1885 à 1902, sait mieux se faire apprécier. Tout comme Disraeli, il protège les intérêts de la Couronne et élargit l’influence britannique à l’étranger.
 
Malgré les délicates expériences socio-économiques du début de règne (chartisme, famine en Irlande, etc.), l’ère victorienne correspond à une période de croissance et de prospérité économique sans précédent.
La popularité de Victoria atteint son apogée les vingt dernières années de son règne. Son jubilé d’or (1887) puis son jubilé de diamant (1897) sont l’occasion de fastueuses réjouissances. Beaucoup de ses sujets profitent alors d’une période de prospérité sans précédent. De plus, l’enthousiasme que la souveraine consacre à la guerre des Boers accroît sa renommée tant à l’intérieur qu’à l’extérieur du pays.
 
Le 22 janvier 1901, au terme d’un règne de soixante-trois ans — le plus long de l’histoire du Royaume-Uni —, Victoria meurt à Osborne, dans l’île de Wight. Parce que sa descendance (neuf enfants, quarante petits-enfants) contracte des alliances avec toutes les familles régnantes d’Europe, Victoria a été appelée la « grand-mère de l’Europe ». Pour exemple, en 1858, l’aînée de ses enfants, Victoria-Adélaïde-Marie-Louise, a épousé le prince Frédéric-Guillaume qui l’a associée à son titre lorsqu’il est devenu empereur d’Allemagne et de Prusse sous le nom de Frédéric III (1888) ; l’année même de son couronnement, Frédéric III meurt et le fils qu’il a eu d’avec Victoria-Adélaïde-Marie-Louise accède au titre impérial sous le nom de Guillaume II. En 1894, la petite-fille de Victoria, Alice de Hesse-Darmstadt, s’est mariée au tsar Nicolas II de Russie. Enfin en 1901, le fils aîné de Victoria, le prince de Galles Albert Édouard — qui a épousé en 1863 Alexandra, la fille de Christian X de Danemark —, lui succède à l’âge de soixante ans sous le nom d’Édouard VII.


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Posté le: Sam 23 Fév - 22:25 (2008)
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